Le dispositif du cumul emploi-retraite permet aux seniors de continuer une activité professionnelle tout en percevant leur pension. La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, adoptée en décembre 2025, introduit des changements pour le 1er janvier 2027. Voici un éclairage sur les règles actuelles et celles qui entreront en vigueur.
Rappels sur le cumul emploi-retraite en vigueur
Les deux formes de cumul
Le cumul emploi-retraite peut être :
Total (ou libéralisé) : L’assuré doit avoir liquidé toutes ses pensions de retraite personnelles (base, complémentaire, étrangères) et avoir obtenu sa retraite à taux plein (soit à 67 ans, soit à l’âge légal avec la durée d’assurance requise). Une condition essentielle est de rompre tout lien professionnel avec son dernier employeur. Sous certaines conditions, ce régime permet d’acquérir de nouveaux droits à retraite.
Partiel (ou non libéralisé) : Si l’assuré ne remplit pas les conditions du cumul total, il relève du cumul partiel. Des contraintes s’appliquent alors, notamment un délai d’attente de 6 mois avant de reprendre une activité chez le dernier employeur, et un plafond de revenus à ne pas dépasser. Le dépassement de ce plafond peut entraîner une réduction ou une suspension de la pension.
| Cumul emploi-retraite total | Cumul emploi-retraite partiel |
|---|---|
| Rompre tout lien professionnel avec l’employeur (contrat de travail). | Rompre tout lien professionnel avec l’employeur (contrat de travail). |
| Avoir liquidé toutes les pensions de retraite personnelles, y compris complémentaires, étrangères et des organisations internationales (condition dite de « subsidiarité »). Avoir liquidé sa pension à taux plein : -à 67 ans (âge du taux plein automatique) ; -ou à l’âge légal de départ en retraite, à condition de justifier d’une durée d’assurance et de périodes reconnues équivalentes nécessaires pour bénéficier d’une retraite à taux plein. | Délai d’attente dans le régime de retraite de base : lorsqu’elle a lieu chez le dernier employeur, la reprise d’activité ne peut intervenir que 6 mois après l’entrée en jouissance de la pension de vieillesse, au plus tôt.Plafond de cumul : 1/ Pour la retraite de base, le plafond de cumul emploi-retraite (salaire + pensions de retraite de base et complémentaires) à respecter est le plus élevé entre : -un montant équivalant à 160 % du SMIC mensuel ; -ou le dernier salaire d’activité perçu par le pensionné avant le départ en retraite. Le dépassement du plafond de ressources entraîne la réduction de (chaque) pension à due concurrence dudit dépassement. 2/ Pour la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, le plafond de cumul emploi-retraite (salaire + pensions de retraite de base et complémentaires) à respecter est le plus favorable entre : -le dernier salaire d’activité revalorisé ; -1,6 fois le montant mensuel du SMIC (calculé sur une base annuelle de 1 820 h) ; -ou le salaire moyen des 10 dernières années d’activité. Le dépassement du plafond de ressources entraîne la suspension de la pension. |
Nouvelles règles du cumul emploi-retraite à partir du 1er janvier 2027
La LFSS 2026, publiée au Journal officiel le 31 décembre 2025, modifie le dispositif du cumul emploi-retraite pour les assurés qui liquideront leur première pension de vieillesse de base à compter du 1er janvier 2027.
Des activités toujours autorisées
La possibilité d’exercer certaines activités à la retraite sans restriction est maintenue. La liste de ces activités autorisées, actuellement définie par la loi, sera désormais fixée par décret. Cette modification vise à rendre la liste plus adaptable, permettant de l’enrichir pour répondre aux besoins de secteurs en tension, comme celui des assistants familiaux. Elle inclura des activités dont la nature ne justifie pas une rupture avec l’employeur, celles où l’assuré est logé par son employeur, celles présentant des difficultés de recrutement, ou encore celles d’intérêt général ou concourant à un service public.
La condition de subsidiarité élargie
La condition de subsidiarité, qui exige d’avoir liquidé toutes ses pensions de retraite (base, complémentaire, étrangères) avant de bénéficier du cumul emploi-retraite, s’appliquait auparavant uniquement au cumul total.
À partir de 2027, cette condition deviendra obligatoire pour toutes les situations de cumul, y compris le cumul partiel. Le non-respect de cette règle entraînera la suspension de la pension de retraite. Des exceptions seront maintenues pour certains régimes spéciaux et pour les pensions dont l’âge d’ouverture des droits est supérieur à l’âge légal de départ en retraite.
Le cumul emploi-retraite autour de trois bornes d’âge
La réforme structure le dispositif autour de trois tranches d’âge, avec des règles d’écrêtement communes à l’ensemble des régimes de base et complémentaires. Le délai d’attente de 6 mois pour reprendre une activité chez son dernier employeur dans le cadre du cumul partiel est supprimé.
Avant l’âge légal de départ en retraite : La pension sera réduite de l’intégralité des revenus professionnels et de remplacement perçus. En d’autres termes, il n’y aura pas de cumul. L’objectif est d’inciter les assurés souhaitant un départ anticipé à privilégier la retraite progressive s’ils souhaitent aménager leur fin de carrière.
De l’âge légal à moins de 67 ans : Si la somme des revenus professionnels et de remplacement dépasse un seuil (fixé à 7 000 € par an selon l’étude d’impact de la LFSS), la pension sera réduite de la moitié du montant du dépassement de ce seuil.
À partir de 67 ans : La pension pourra être entièrement cumulée avec les revenus professionnels et de remplacement, sans aucune contrainte de réduction.
Une seconde pension plus favorable en cumul emploi-retraite total
Les assurés en cumul emploi-retraite total (à partir de 67 ans) pourront acquérir des droits à une seconde pension sur l’activité reprise ou poursuivie. Cette nouvelle disposition n’imposera pas de délai d’attente de 6 mois en cas de reprise d’activité chez le dernier employeur.
De plus, le montant de cette seconde pension ne sera plus plafonné à 5 % du plafond annuel de la sécurité sociale dans le régime de base, comme c’était le cas auparavant. Il est à noter que ces nouveaux droits ne seront pas mentionnés dans le relevé de carrière ni pris en compte dans l’estimation des droits à retraite.
| Cumul emploi-retraite total (à partir de 67 ans) | Cumul emploi-retraite partiel |
|---|---|
| Rompre tout lien professionnel avec l’employeur (contrat de travail). | Rompre tout lien professionnel avec l’employeur (contrat de travail). |
| Avoir liquidé toutes les pensions de retraite personnelles, y compris complémentaires, étrangères et des organisations internationales (condition dite de « subsidiarité »). | Avoir liquidé toutes les pensions de retraite personnelles, y compris complémentaires, étrangères et des organisations internationales (condition dite de « subsidiarité »). |
| À partir de 67 ans : cumul intégral pension personnelle de base ou complémentaire + revenus d’activité sans contrainte, ouvrant droit à une seconde pension. | Cumul pension personnelle de base ou complémentaire + revenus d’activité avec écrêtement de la pension dans les conditions suivantes : 1/ avant l’âge légal de départ en retraite : pension – 100 % des revenus professionnels ou de remplacement, dès le premier euro. 2/ de l’âge légal de départ en retraite à moins de 67 ans : -si les revenus (professionnels et de remplacement) n’excèdent pas 7 000 € par an : cumul possible (pas d’écrêtement de la pension) ; -si ces revenus excèdent 7 000 € par an : pension – 50 % du dépassement du seuil. |

