
Une réforme pour remplacer le congé parental
Depuis le 1er juillet 2026, le congé supplémentaire de naissance entre en vigueur pour succéder à l’ancien congé parental d’éducation. Ce nouveau dispositif s’adresse aux parents d’enfants nés ou adoptés à partir de cette date. Contrairement à la prestation précédente, souvent critiquée pour sa durée excessive et sa faible rémunération, cette mesure propose un temps d’arrêt plus court mais mieux indemnisé.
L’objectif affiché est de permettre aux deux parents de s’investir auprès du nouveau-né durant sa première année de vie, sans sacrifier totalement leur niveau de vie.
Trois mois de repos pour chaque parent
Le congé de naissance offre une durée de trois mois à chaque parent. Ces périodes ne sont pas transférables de l’un à l’autre : si l’un des parents choisit de ne pas l’utiliser, ses trois mois sont perdus. Ce temps de repos vient s’ajouter aux congés de maternité et de paternité déjà existants.
Une flexibilité dans l’organisation
Les parents disposent d’une certaine liberté pour organiser ce repos. Il peut être pris de manière simultanée ou successive, à condition d’être consommé intégralement avant le premier anniversaire de l’enfant. Cette flexibilité permet aux familles de couvrir les besoins de garde jusqu’à l’entrée en crèche ou chez une assistante maternelle, limitant ainsi le recours précoce à des modes de garde extérieurs.
Une indemnisation calculée sur le salaire
Le changement majeur réside dans le mode de calcul de l’indemnité. Jusqu’ici, la PreParE (Prestation partagée d’éducation de l’enfant) s’élevait à environ 448 euros par mois, quel que soit le revenu antérieur. Le nouveau congé de naissance prévoit une prise en charge à hauteur de 50 % du salaire journalier de référence.
Le mécanisme du plafond mensuel
L’indemnisation est toutefois encadrée par un plafond aligné sur le plafond mensuel de la Sécurité sociale.
En pratique, la somme maximale versée avoisine les 1 900 euros net par mois. Si ce montant représente une progression pour les salariés proches du SMIC ou percevant des revenus médians, il induit une perte de pouvoir d’achat pour les cadres et les profils les mieux rémunérés.
Les points de vigilance pour les salariés
Le passage au congé de naissance comporte des spécificités contractuelles que les parents découvrent sur leur fiche de paie. Durant cette période, le contrat de travail est suspendu, ce qui entraîne des conséquences directes sur les avantages sociaux habituels de l’entreprise.
Santé et protection sociale
Sauf accord spécifique au sein de l’entreprise ou de la branche professionnelle, l’employeur n’a pas l’obligation de maintenir le financement de la mutuelle d’entreprise ni de la prévoyance durant le congé. Le salarié doit donc parfois assumer seul l’intégralité des cotisations pour conserver sa couverture santé.
Retraite et ancienneté
La période passée en congé de naissance est prise en compte pour le calcul de l’ancienneté, mais de manière partielle selon les secteurs. Concernant la retraite, les périodes de suspension de contrat ne permettent pas de valider des points de retraite complémentaire (Agirc-Arrco) sur la base du salaire habituel, puisque les cotisations ne sont plus versées. Seuls les droits de base liés à l’indemnité de la Sécurité sociale sont garantis.
Les conditions pour en bénéficier
Pour accéder à ce nouveau droit, le salarié doit justifier d’une ancienneté minimale d’un an dans l’entreprise à la date de la naissance. La demande doit être transmise à l’employeur par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre, en respectant un préavis d’un mois avant le début du congé. L’employeur ne peut pas refuser ce congé, car il s’agit d’un droit d’ordre public, à l’image du congé de maternité.

