Social : ce qui change en 2026
L’année 2026 apporte son lot de modifications pour les employeurs et les gestionnaires de paie. Entre les ajustements des seuils sociaux, l’évolution des contributions patronales et les prolongations provisoires de certaines mesures, voici un aperçu des changements applicables dès le 1er janvier.
Chiffres clés
Le SMIC 2026
Comme chaque année, le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) fait l’objet d’une revalorisation au 1er janvier 2026. Le taux horaire du SMIC brut est relevé de 11,88 € à 12,02 €. En conséquence, le SMIC brut mensuel d’un salarié mensualisé à 151,67 heures est égal à 1 823,03 €.
Le Plafond de la Sécurité Sociale (PASS) en 2026
Le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) est fixé à 48 060 €, soit 4 005 € par mois (PMSS 2026).
La gratification des stagiaires
Le montant de la gratification minimale des stagiaires reste fixée à 15 % du plafond horaire de la sécurité sociale pour les périodes de stage excédant deux mois, soit 4,50 € pour 2026.
Le minimum garanti
Le montant du minimum garanti passe de 4,22 € à 4,25 €.
Évolutions des cotisations et contributions
Le recouvrement des cotisations de formation professionnelle conventionnelle et de dialogue social
À partir du 1er janvier 2026, le recouvrement des contributions conventionnelles de formation professionnelle et de dialogue social sera centralisé par l’URSSAF pour certaines branches. Pour les branches suivantes, seule contribution au dialogue social est concerné : industries du cartonnage, boulangerie pâtisserie artisanale, charcuterie de détail, pâtisserie, confiserie chocolaterie biscuiterie et optique lunetterie de détail.
Seule la branche des Hôtels, Cafés et Restaurants est concernée par le recouvrement par l’URSSAF des 2 cotisations conventionnelles : formation professionnelle et dialogue sociale.
La réduction générale dégressive unique (RGDU)
La réduction générale dégressive unique remplace la réduction dite Fillon. Les taux réduits des cotisations d’assurance maladie et d’allocations familiales sont supprimés en conséquence, sauf dans certains cas bien précis. Il conviendra de veiller d’apporter une attention particulière dans les branches dont les minima conventionnels sont inférieurs au SMIC. En effet, le paramètre “SMIC” dans la formule de calcul de la RGDU devra être remplacé par ce minimum conventionnel.
La déduction patronale pour heures supplémentaires
La déduction forfaitaire de cotisations patronales sur les heures supplémentaires est étendue à toutes les entreprises. En effet, pour les périodes d’emploi courant à partir du 1er janvier 2026, les entreprises de 250 salariés et plus bénéficieront d’une déduction s’élevant à 0,50 € par heure supplémentaire et à 3,50 € par jour pour les salariés en forfait jours travaillant au-delà de 218 jours par an.
La contribution patronale sur les indemnités de rupture conventionnelle et de mise à la retraite
Le taux de la contribution patronale spécifique sur les indemnités de rupture conventionnelle individuelle et de mise à la retraite passe de 30 % à 40 % à compter du 1er janvier 2026.
Aides et accompagnement des employeurs
Les aides à l’embauche pour les apprentis
À compter du 1er janvier 2026, l’aide exceptionnelle à l’embauche d’apprentis n’est pas reconduite. Les employeurs pourront uniquement prétendre à l’aide unique à l’apprentissage pour les contrats signés à partir de cette date. Cette aide est de 5 000 € (ou 6 000 € si l’apprenti est en situation de handicap) pour la première année d’exécution du contrat, sous conditions d’effectif (moins de 250 salariés) et de niveau de diplôme préparé (au plus Baccalauréat, ou Bac + 2 en Outre-mer).
Mesures transitoires en attente de la Loi de Finances pour 2026
En raison du calendrier d’adoption de la Loi de Finances pour 2026, certaines dispositions temporaires sont provisoirement prolongées.
Pourboires et frais de transports publics
Dans l’attente du vote définitif de la Loi de Finances pour 2026, les exonérations de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu concernant les pourboires et la prise en charge des frais de transport public jusqu’à 75 % sont prolongées à titre provisoire. Les employeurs peuvent continuer à appliquer ces dispositifs dérogatoires, le gouvernement ayant confirmé qu’il défendra leur prolongation avec effet rétroactif.
Poursuite de la tolérance URSSAF
Les activités sociales et culturelles (ASC) du CSE
L’URSSAF accorde une année supplémentaire aux CSE pour supprimer le critère de l’ancienneté comme condition pour bénéficier des activités sociales et culturelles du CSE et se conformer ainsi à la jurisprudence de la Cour de cassation (cass.soc 3 avril 2024, n°22-16812). Les CSE ont donc jusqu’au 31 décembre 2026 pour se mettre en conformité.
PLFSS 2026 adopté : quels impacts sur la paie ?
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 est parue au journal officiel du 31 décembre 2025. Tour d’horizon des nouveautés 2026.
Mesures adoptées ayant un impact en paie et RH
Cotisations et exonérations
- Augmentation de la contribution patronale sur les ruptures : Le taux de la contribution patronale due sur les indemnités de mise à la retraite ou de rupture conventionnelle individuelle passe de 30 % à 40 %.
- Extension de la déduction forfaitaire pour heures supplémentaires : La déduction forfaitaire de cotisations patronales de 0,50 € par heure supplémentaire est étendue aux entreprises de 250 salariés et plus à partir de 2026.
- Réforme de l’Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise (ACRE) : À partir de 2026, l’exonération de cotisations est recentrée sur les publics les plus vulnérables ou implantés en Zone de Revitalisation Rurale (ZFRR). L’exonération sera réduite lorsque l’assiette des cotisations est inférieure ou égale à 75 % du plafond de la sécurité sociale. Une procédure de demande d’exonération est également mise en place. Cette réforme ne s’appliquera pas aux chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole.
- Malus sur les cotisations seniors : Un malus sur les cotisations patronales d’assurance vieillesse sera créé pour les entreprises de 300 salariés et plus qui ne mettent pas en place un accord ou un plan d’action concernant l’emploi et les conditions de travail des seniors. Les modalités précises dépendront d’un décret d’application.
- Ajustement de la réduction générale de cotisations : Dans les branches où le salaire minimum conventionnel des salariés sans qualification est inférieur au SMIC, le calcul du coefficient de la réduction générale de cotisations patronales utilisera ce minimum conventionnel inférieur, si aucun accord d’entreprise ni aucune décision unilatérale de l’employeur n’a prévu des salaires supérieurs au SMIC au cours de l’année civile de référence.
- Majoration des cotisations en cas de travail dissimulé : Les taux de majorations de cotisations sociales applicables en cas de travail dissimulé augmentent de 10 points (35 % au lieu de 25 % et 50 % au lieu de 40 %) pour les procédures engagées à partir du 1er juin 2026.
Congés et arrêts de travail
- Nouveau congé de naissance : Un congé supplémentaire de naissance de 1 ou 2 mois, indemnisé par la sécurité sociale, est créé. Il concerne les salariés ayant déjà bénéficié d’un congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’un congé d’adoption. Il devrait s’appliquer pour les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026.
- Encadrement de la durée des arrêts maladie : Un décret encadrera la durée de prescription des arrêts maladie à compter du 1er septembre 2026. Sauf exceptions, le décret pourrait limiter la durée à 1 mois pour une première prescription et à 2 mois pour une prolongation.
- Durée maximale de versement des IJSS AT/MP : Pour les sinistres survenant à partir de 2027, un décret fixera une durée maximale de versement des Indemnités Journalières de Sécurité Sociale (IJSS) pour accident du travail (AT) ou maladie professionnelle (MP). Une durée maximale de 4 ans est envisagée.
Retraites
- Aménagement du calendrier de la réforme des retraites : Le calendrier de relèvement de l’âge légal de départ en retraite est décalé pour les générations 1964 à 1968, ainsi que le relèvement du nombre de trimestres requis pour le taux plein pour les générations 1964 et 1965.
- Durcissement des règles de cumul emploi-retraite : Les règles de cumul emploi-retraite sont durcies, s’organisant autour de trois bornes d’âge pour les assurés qui liquident leur première pension de vieillesse de base à partir de 2027.
- Carrière longue et trimestres enfants : Pour l’accès à la retraite anticipée « carrière longue », les trimestres de majoration de durée d’assurance pour enfant ou de congé parental d’éducation seront pris en compte. Cette mesure s’appliquera aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Maladies professionnelles
- Réforme de la reconnaissance des maladies professionnelles : Les bases d’une réforme des conditions de reconnaissance des maladies professionnelles sont établies, pour une entrée en vigueur à une date fixée par décret, au plus tard le 30 septembre 2026 ou le 1er janvier 2027 selon les mesures.
- Assouplissement du calendrier de réparation de l’incapacité permanente : L’entrée en vigueur de la réforme de la réparation de l’incapacité permanente d’origine professionnelle (liée à un AT/MP), prévue par la LFSS 2025, est assouplie. Elle interviendra à une date fixée par décret, au plus tard le 1er novembre 2026.
Mesures spécifiques pour Mayotte
- Révision de la réduction générale sur les bas salaires : Les modalités d’application de la réduction générale sont révisées, intégrant notamment les contributions patronales d’assurance chômage. Le point de sortie augmentera à 1,6 fois le SMIC mahorais dès le 1er janvier 2026, puis il sera réévalué chaque 1er janvier de 2027 à 2035 pour atteindre 3 SMIC en 2036.
- Extension de l’exonération LODéOM : L’exonération de cotisations patronales « LODéOM », applicable dans d’autres départements d’outre-mer, sera étendue à Mayotte à partir de juillet 2026.
- Abrogation du CICE mahorais : Le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) applicable à Mayotte sera abrogé au 1er janvier 2027, en contrepartie de l’extension de l’exonération LODéOM à ce département.
Autres mesures
- Contribution exceptionnelle des complémentaires santé : Une contribution exceptionnelle de 2,05 % est mise à la charge des complémentaires santé au titre de 2026. Un amendement a été voté avec l’objectif de bloquer les prix des contrats pour 2026.
Mesures initialement envisagées et abandonnées
Plusieurs propositions initiales du gouvernement ou du Sénat n’ont pas été retenues dans la version adoptée par l’Assemblée nationale, évitant ainsi leur application aux employeurs et aux salariés :
- La suppression de l’exonération de cotisations salariales d’origine légale et conventionnelle pour les contrats d’apprentissage est abandonnée.
Paie : ce qui change en 2026
Le début d’année 2026 s’annonce comme une période d’ajustements pour les professionnels de la paie et les employeurs. Plusieurs réformes impactent directement les cotisations sociales, tant pour les employeurs que pour les salariés.
Au cœur de ces changements figurent la refonte de la réduction générale des cotisations patronales (RGDU) et la suppression de certains taux réduits sur des contributions clés, modifiant ainsi le paysage des charges sociales. Ces évolutions demandent aux services de paie une vigilance particulière pour adapter leurs systèmes.
Le plafond de la Sécurité sociale (PSS) 2026 : nouveau montant
Le Plafond de la Sécurité Sociale (PSS) est un indicateur ajusté chaque année, servant de base pour le calcul de nombreuses cotisations. Pour l’année 2026, le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) est fixé à 48 060 €, soit 4 005 € par mois (PMSS).
La Réduction Générale des Cotisations Patronales (RGCP) devient le Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU)
La Réduction Générale des Cotisations Patronales, anciennement connue sous le nom de réduction Fillon, subit une modification significative à partir de 2026. Elle devient la réduction générale dégressive unique. Cette mesure d’allègement des charges patronales est unifiée autour d’un coefficient unique.
Fin des taux réduits pour les allocations familiales et l’assurance maladie
Une modification notable concerne la suppression des taux réduits pour les cotisations d’allocations familiales et d’assurance maladie. Jusqu’au 31 décembre 2025, les entreprises pouvaient bénéficier de taux réduits pour les salaires inférieurs à un certain seuil (2,5 SMIC pour la cotisation assurance maladie et 3,5 Smic pour la cotisation allocations familiales).
À partir du 1er janvier 2026, ces dispositions sont supprimées (sauf pour les exonérations dégressives spécifiques : ZFU, ZRR, ZRD, etc…). Cela signifie que les taux standards de 5,25 % pour les allocations familiales et de 13,00 % pour l’assurance maladie s’appliqueront à toutes les rémunérations. Cette mesure, associée à la RGDU, peut avoir une incidence sur le coût du travail, notamment pour les salaires situés dans les tranches médianes (Source 2).
Tableau récapitulatif des principaux paramètres de paie 2026
| Cotisation / Prestation | Taux Salarial 2026 | Taux Patronal 2026 | Assiette / Plafond 2026 | Remarques / Impact 2026 |
|---|---|---|---|---|
| Maladie, Maternité, Invalidité, Décès (AM) | 0,00 % | 13,00 % | Totalité du salaire | Suppression du taux réduit. Le taux standard s’applique désormais sans seuil spécifique. |
| Allocations Familiales (AF) | 0,00 % | 5,25 % | Totalité du salaire | Suppression du taux réduit. Le taux standard s’applique désormais sans seuil spécifique. |
| Vieillesse plafonnée (VP) | 6,90 % | 8,55 % | Jusqu’à 1 PSS | |
| Vieillesse déplafonnée (VD) | 0,40 % | 2,11 % | Totalité du salaire | |
| Accidents du Travail / Maladies Professionnelles (AT/MP) | 0,00 % | Variable | Totalité du salaire | Taux notifié annuellement par la CARSAT, selon l’activité de l’entreprise. |
| Contribution Solidarité Autonomie (CSA) | 0,00 % | 0,30 % | Totalité du salaire | |
| Fonds National d’Aide au Logement (FNAL) | 0,00 % | 0,10 % / 0,50 % | Jusqu’à 1 PSS / Totalité du salaire | 0,10 % pour entreprises de moins de 50 salariés (sur 1 PSS), 0,50 % pour 50 salariés et plus (déplafonnée). |
| Contribution Sociale Généralisée (CSG) déductible | 6,80 % | 0,00 % | 98,25 % du salaire brut | |
| Contribution Sociale Généralisée (CSG) non déductible | 2,40 % | 0,00 % | 98,25 % du salaire brut | |
| Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) | 0,50 % | 0,00 % | 98,25 % du salaire brut | |
| Retraite Complémentaire AGIRC-ARRCO Tranche 1 | 3,15 % | 4,72 % | Jusqu’à 1 PSS | Taux applicable sur la rémunération jusqu’à 1 PSS. |
| Retraite Complémentaire AGIRC-ARRCO Tranche 2 | 8,64 % | 12,95 % | De 1 à 8 PSS | Taux applicable sur la rémunération entre 1 et 8 PSS. |
| Contribution d’Équilibre Général (CEG) | 0,86% (T1) /1,08 (T2) | 1,29 % (T1)/ 1,62% (T2) | Jusqu’à 1 PSS/De 1 à 8 PSS | |
| Contribution d’Équilibre Technique (CET) | 0,14 % | 0,21 % | De 1 à 8 PSS | Uniquement pour les rémunérations excédant le PSS. |
| Assurance Chômage | 0,00 % | 4,00 % | Jusqu’à 4 PSS | Taux général pour la plupart des entreprises. |
| APEC (pour les cadres) | 0,026 % | 0,036 % | Jusqu’à 4 PSS | |
| Réduction Générale (RGDU) | N/A | Impact sur le coût employeur | Jusqu’à 3 Smic | Calcul simplifié et unifié. L’allègement intègre désormais les cotisations famille et maladie sans taux réduits distincts. |
PMSS 2026 : le plafond de la Sécurité sociale en hausse de 2%
Le Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale (PMSS) est un repère clé dans le calcul des prestations et cotisations sociales. Chaque année, son montant est ajusté. Pour 2026, une revalorisation de 2% est prévue. Cette augmentation touche aussi bien les salariés que les employeurs, influençant diverses situations de leur vie professionnelle et fiscale.
À quoi sert le PMSS ?
Le Plafond de la Sécurité Sociale (PSS) sert de référence pour de nombreux calculs dans le domaine social et fiscal. Il détermine la base maximale pour le calcul de certaines cotisations et le montant de certaines prestations. Son adaptation annuelle est un événement pour tous les acteurs économiques.
Impacts du PMSS pour les salariés
Pour les salariés, le PMSS a une influence directe sur plusieurs aspects de leur protection sociale et de leur rémunération nette.
Calcul des cotisations sociales
Le PMSS est la base de calcul pour des cotisations telles que celles de retraite complémentaire Agirc-Arrco, ou encore certaines cotisations de prévoyance. Ces cotisations sont souvent plafonnées, signifiant qu’au-delà de ce plafond, la part de la rémunération n’est plus soumise à ces contributions spécifiques.
Détermination des indemnités journalières
En cas d’arrêt de travail pour maladie, maternité ou accident, les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale sont calculées sur la base du salaire journalier moyen, dans la limite du PMSS. Un salaire élevé au-delà du PMSS ne sera donc pas intégralement pris en compte pour le calcul de ces indemnités.
Garanties de prévoyance et mutuelle
De nombreux contrats de prévoyance et de complémentaires santé proposent des garanties exprimées en multiples du PMSS. Par exemple, une garantie de frais d’hospitalisation peut être fixée à 200% du PMSS, ce qui détermine le niveau de remboursement maximum.
Épargne salariale et titres restaurant
Le PMSS intervient également dans les limites d’exonération de certaines contributions pour les dispositifs d’épargne salariale (intéressement, participation) et pour la valeur faciale maximale des titres restaurant exonérée de cotisations.
Le PMSS du point de vue des employeurs
Pour les entreprises, le PMSS est un indicateur structurant la masse salariale et les charges sociales.
Calcul des cotisations patronales
À l’instar des salariés, les cotisations patronales pour la retraite complémentaire, la prévoyance ou l’assurance chômage sont souvent assises sur la rémunération brute, dans la limite du PMSS. Cela permet de définir le coût réel des salaires pour l’entreprise.
Exonérations et aides à l’embauche
Certaines exonérations de cotisations sociales ou aides à l’embauche sont conditionnées par le niveau de rémunération par rapport au SMIC et au PMSS. Le respect de ces seuils peut rendre une entreprise éligible à des dispositifs de soutien à l’emploi.
Limites de déductibilité fiscale
Les contributions patronales à certains régimes de retraite supplémentaires ou de prévoyance collective sont déductibles du bénéfice imposable de l’entreprise, dans la limite de plafonds qui peuvent être indexés sur le PMSS.
Le tableau des plafonds 2026
Pour 2026, le Plafond de la Sécurité Sociale enregistre une progression de 2% par rapport à l’année précédente.. Voici les montants actualisés :
| Périodicité | Montant 2026 |
|---|---|
| Annuel (PASS) | 48 060 € |
| Trimestriel | 12 015 € |
| Mensuel (PMSS) | 4 005 € |
| Journalier | 220 € |
| Horaire | 30 € |
Source : secofi.fr
En tant que mandataire social, dois-je cotiser à l’assurance chômage ?
La question de l’affiliation à l’assurance chômage pour un mandataire social est un sujet complexe qui suscite souvent des interrogations. En effet, la protection sociale liée à l’emploi salarié ne s’applique pas systématiquement aux dirigeants d’entreprise, dont le statut est distinct de celui des salariés au sens droit du travail.
Le principe général : pas d’affiliation automatique
En règle générale, un mandataire social n’est pas considéré comme un salarié au sens droit du travail. La raison principale tient à l’absence de lien de subordination juridique, caractéristique fondamentale du contrat de travail. Sans ce lien, le dirigeant ne cotise pas à l’assurance chômage et, par conséquent, ne peut pas prétendre aux allocations en cas de perte de son mandat social. Ce principe s’applique à la plupart des dirigeants, qu’ils soient présidents de SAS, gérants minoritaires de SARL, ou administrateurs.
Les exceptions : quand un mandataire social peut-il cotiser et être couvert ?
Il existe toutefois des situations où un mandataire social peut cumuler son mandat avec un contrat de travail, lui ouvrant potentiellement droit à l’assurance chômage. L’étude de la situation est toujours déterminante.
Le cumul mandat social et contrat de travail
Pour qu’un mandataire social puisse bénéficier de l’assurance chômage au titre d’un contrat de travail, plusieurs conditions strictes doivent être remplies :
- Un emploi technique effectif : Le dirigeant doit exercer des fonctions salariées distinctes de celles de son mandat social. Il ne s’agit pas d’un simple travail de direction ou de représentation.
- Une rémunération spécifique : Cette activité technique doit faire l’objet d’une rémunération distincte de celle perçue au titre du mandat.
- Un lien de subordination : Le dirigeant doit être placé sous l’autorité d’un autre organe de la société (par exemple, le conseil d’administration ou un gérant non associé). Cette subordination se traduit par l’existence de directives, de contrôles et d’un pouvoir de sanction.
Si ces conditions sont réunies, le mandataire social cotise sur la part de sa rémunération correspondant au contrat de travail et peut, le cas échéant, prétendre aux allocations chômage au titre de cette activité salariée.
Le cas particulier des gérants de SARL
La situation des gérants de Société à Responsabilité Limitée (SARL) dépend de leur participation au capital social :
- Gérant minoritaire ou égalitaire : Un gérant détenant moins de la moitié des parts sociales, ou exactement la moitié, peut, sous certaines conditions, cumuler son mandat avec un contrat de travail et donc cotiser à l’assurance chômage. Le lien de subordination est plus facilement établi car il ne contrôle pas la majorité des voix.
- Gérant majoritaire : Le gérant majoritaire (détenant plus de la moitié des parts sociales, seul ou avec son conjoint ou ses enfants mineurs) ne peut être considéré comme salarié. Son contrôle de la société rend l’existence d’un lien de subordination presque impossible à démontrer. Il ne peut donc pas prétendre à l’assurance chômage.
Les autres statuts de dirigeants
Pour les présidents de SAS ou de SA, les directeurs généraux et les membres du directoire, la situation est similaire. L’accès à l’assurance chômage n’est possible qu’en cas de cumul avéré et strict d’un contrat de travail avec le mandat social, nécessitant toujours la preuve d’un lien de subordination effectif.
L’importance de l’analyse préalable et du rescrit France Travail
Compte tenu de la complexité de ces situations, il est fortement conseillé de procéder à une analyse approfondie avant d’établir un cumul. Pour sécuriser sa situation et éviter tout litige futur avec France Travail (anciennement Pôle emploi), le mandataire social ou son entreprise peut solliciter un rescrit France Travail. Cette procédure permet d’obtenir une décision écrite de France Travail sur l’assujettissement ou non à l’assurance chômage, garantissant ainsi une sécurité juridique sur les cotisations à verser et les droits éventuels.
Les protections alternatives pour les dirigeants
Si le mandataire social n’est pas éligible à l’assurance chômage, il existe des solutions de protection alternatives. Des assurances privées, souvent appelées assurance perte d’emploi du dirigeant ou assurance chômage TNS, peuvent être souscrites. Ces contrats permettent de bénéficier d’indemnités en cas de révocation du mandat, de liquidation judiciaire ou de restructuration.
DSN de substitution : soyez prêts (dès 2026) !
La Déclaration Sociale Nominative (DSN) est un dispositif au cœur de la collecte des données sociales. Une évolution est attendue avec la DSN de substitution. Cette nouvelle approche vise à fiabiliser les déclarations, mais elle implique de nouvelles exigences pour les entreprises. Anticiper son déploiement et en saisir les spécificités s’avèrent utiles pour se préparer à cette nouveauté.
Comprendre la DSN de substitution
La DSN de substitution représente une évolution dans la gestion des corrections des données sociales. Lorsqu’une anomalie est identifiée après le dépôt d’une DSN, les organismes de protection sociale pourront générer des déclarations de substitution pré-remplies. Ces documents contiendront les corrections détectées et seront transmis aux déclarants. Le but est d’assurer une meilleure cohérence des informations transmises. Les entreprises devront alors examiner ces propositions, les valider, les compléter si nécessaire, ou les rejeter en justifiant leur décision. Une vigilance accrue est demandée pour chaque étape de ce processus.
Le calendrier de déploiement
La DSN de substitution sera mise en place progressivement, avec une phase préliminaire dès 2025.
Première étape : le CRM de rappel (dès 2025)
Avant la DSN de substitution elle-même, un dispositif intermédiaire a vu le jour en 2025 : le CRM de rappel. Il s’agit d’un Compte Rendu Métier (CRM) qui notifie aux entreprises les anomalies détectées dans leurs DSN. Ce CRM de rappel a une valeur indicative. Il vise à sensibiliser les déclarants aux erreurs avant la mise en service du système de substitution, leur laissant le temps d’ajuster leurs pratiques.
Mise en œuvre de la DSN de substitution (à partir de 2026)
La DSN de substitution entrera en vigueur par étapes à partir de 2026. À cette date, les propositions de correction générées par les organismes sociaux deviendront contraignantes. Les entreprises recevront ces DSN de substitution lorsqu’une anomalie sera identifiée dans leurs déclarations initiales. Elles devront alors réagir dans un délai défini, acceptant ou refusant la correction proposée, avec justification à l’appui.
En mars 2026, des CRM de rappel annuels seront transmis au titre des anomalies non régularisées en 2025. Les entreprises disposeront alors d’un délai de 2 mois pour contester ou pour corriger. En cas d’inaction de votre part, l’URSSAF génèrera automatiquement une DSN corrigée qui remplacera définitivement celle envoyée par l’entreprise.
Les risques pour les entreprises
L’arrivée de la DSN de substitution demande une attention particulière de la part des entreprises et des professionnels de la paie. La non-conformité aux nouvelles procédures ou des erreurs dans la gestion de ces DSN de substitution peuvent entraîner plusieurs conséquences indésirables. La fiabilité des données déclarées sera scrutée avec plus d’acuité. Toute erreur non rectifiée ou toute divergence non justifiée avec les propositions des organismes sociaux peut mener à des complications.
Risques de redressements et de pénalités
Une DSN de substitution non traitée correctement, ou un refus non motivé, peut être considéré comme une non-conformité. Cela peut exposer l’entreprise à des risques de redressements de cotisations sociales par les organismes collecteurs (URSSAF, etc.). Des pénalités financières peuvent également être appliquées, alourdissant les charges de l’entreprise et impactant sa trésorerie.
Conséquences administratives et contentieuses
Au-delà des aspects financiers, une gestion inappropriée des DSN de substitution peut provoquer des complications administratives. Les litiges avec les organismes sociaux peuvent se multiplier, demandant du temps et des ressources pour leur résolution. Dans les cas complexes, cela peut même déboucher sur des procédures contentieuses, engageant l’entreprise dans des démarches juridiques.
Nécessité d’une vigilance accrue
Les entreprises devront adapter leurs processus internes pour intégrer cette nouvelle modalité. Une bonne compréhension des raisons des corrections proposées et une vérification méticuleuse des données seront de mise. La non-maîtrise de ces flux d’informations peut provoquer des incohérences déclaratives, avec des répercussions sur les droits sociaux des salariés et la relation avec les administrations.
Déduction Forfaitaire Spécifique (DFS) pour frais professionnels
Un nouvel arrêté, daté du 4 septembre 2025, vient actualiser les règles concernant les frais professionnels déductibles de l’assiette des cotisations de sécurité sociale. Ce texte, qui abroge et remplace l’arrêté du 20 décembre 2002, apporte des modifications, en particulier pour la déduction forfaitaire spécifique (DFS), dont il prévoit l’extinction progressive pour l’ensemble des professions bénéficiaires.
La déduction forfaitaire spécifique : un dispositif en pleine évolution
Qu’est-ce que la DFS ?
La déduction forfaitaire spécifique (DFS) permet à l’employeur de déduire une somme forfaitaire de l’assiette des cotisations de sécurité sociale. Cette déduction s’applique aux salaires versés à certaines catégories de salariés, listées précisément, sous réserve qu’ils supportent effectivement des frais professionnels dans le cadre de leur activité.
Les métiers du bâtiment, les journalistes ou encore certains personnels de l’aviation marchande figurent parmi les professions concernées. Le taux de la déduction varie selon la profession, avec un plafond annuel de 7 600 euros par salarié. Les remboursements de frais professionnels sont habituellement réintégrés avant l’application de la DFS.
Une sortie progressive pour l’ensemble des professions
Depuis le 1er avril 2023, le Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) insiste sur la nécessité pour le salarié de réellement supporter des frais professionnels pour que la DFS s’applique. L’appartenance à une profession ouvrant droit à la DFS ne suffit plus à elle seule. Cependant, des dérogations ont été mises en place pour huit secteurs d’activité. Ces secteurs, qui incluent la propreté, la construction, le transport routier de marchandises, le spectacle, l’aviation civile, les casinos, les journalistes et les VRP, bénéficient d’une période transitoire. Ils peuvent en effet continuer à appliquer la DFS sans condition de frais réels, mais avec une réduction progressive de leur taux de déduction allant jusqu’à leur disparition. Cette suppression interviendra par étapes entre 2029 et 2038, selon les secteurs.
Le nouvel arrêté du 4 septembre 2025 confirme ce calendrier pour les huit secteurs déjà engagés dans cette démarche. Il étend ce mécanisme de sortie progressive à toutes les autres professions bénéficiant encore de la DFS, selon un calendrier accéléré. Ainsi, pour ces autres professions, le taux de déduction sera réduit chaque 1er janvier, de 2026 à 2031, d’une valeur équivalente à 15 % du taux appliqué en 2025.
Cette méthode aboutira à une annulation complète de la déduction à compter du 1er janvier 2032. À titre d’exemple, un taux de DFS de 30 % en 2025 pour les visiteurs médicaux diminuera de 5 points chaque année à partir de 2026, pour atteindre 0 % en 2031.
Conditions de mise en œuvre : des clarifications attendues
Si l’arrêté du 4 septembre 2025 donne un cadre réglementaire à la sortie progressive de la DFS, il ne précise pas comment la condition de “frais réellement supportés par le salarié” s’appliquera pour les professions nouvellement incluses dans le dispositif de sortie progressive. Des éclaircissements de l’administration sont attendus sur ce point. La question se pose également pour d’autres tolérances du BOSS, comme la non-réintégration de certains remboursements de frais ou des règles d’assouplissement pour le recueil du consentement du salarié, qui étaient prévues pour les huit secteurs initiaux.
Par ailleurs, la procédure d’autorisation de la DFS évolue. L’employeur doit toujours obtenir l’accord des salariés, soit par un accord collectif, soit via les représentants du personnel, soit par le consentement de chaque salarié. Le nouvel arrêté prévoit désormais que le consentement du salarié peut figurer directement dans le contrat de travail ou un avenant. Si ce n’est pas le cas, l’employeur doit informer et recueillir le consentement annuel du salarié par tout moyen, son silence valant accord après un délai raisonnable. Le salarié conserve la possibilité de demander à tout moment de bénéficier ou non de la déduction, avec une application au 1er janvier de l’année suivante.
Taxe sur les salaires : calcul et déclaration expliqués
La date limite du 15 janvier 2026 approche pour la liquidation et la régularisation de la taxe sur les salaires due au titre des rémunérations de l’année 2025. Cette échéance est l’occasion de revoir les principes d’assujettissement à cette taxe, ses méthodes de calcul et les démarches déclaratives obligatoires pour les employeurs.
Employeurs redevables de la taxe sur les salaires
Critères d’assujettissement
Pour être assujetti, un employeur doit remplir plusieurs conditions : être établi en France, ne pas être assujetti à la TVA (totalement ou partiellement), et ne pas bénéficier d’une exonération spécifique.
Sont concernés notamment les établissements bancaires et financiers, les assureurs, certaines professions libérales (médecins, prothésistes dentaires), les associations de la loi de 1901 et organismes sans but lucratif, les caisses de retraite et de sécurité sociale, les hôpitaux publics, les sociétés d’investissement ou immobilières civiles, ainsi que l’État et certains établissements publics.
Employeurs établis en France
La taxe est due par toute personne physique ou morale domiciliée ou établie en France, c’est-à-dire en métropole ou dans un département d’outre-mer. L’employeur doit avoir un centre d’opérations stable et autonome. Le domicile fiscal du salarié ou le lieu d’exercice de son activité n’influe pas sur l’exigibilité de la taxe. Les rémunérations des salariés détachés à l’étranger ou des frontaliers (belges, suisses, luxembourgeois) sont également concernées, sauf exception.
Pour une succursale française d’une société étrangère rendant exclusivement des services à son siège, l’administration admet une non-redevabilité de la taxe si ces services auraient ouvert droit à déduction de TVA si la société avait été une filiale.
Situation de l’employeur au regard de la TVA
La taxe sur les salaires est due par les employeurs établis en France qui versent des rémunérations imposables, s’ils ne sont pas assujettis à la TVA l’année du versement des rémunérations, ou s’ils n’ont pas été assujettis à la TVA sur 90 % au moins de leur chiffre d’affaires l’année civile précédente.
- Un employeur assujetti à la TVA sur 90 % ou plus de son chiffre d’affaires n’est pas redevable de la taxe sur les salaires.
- Un employeur non assujetti à la TVA est entièrement passible de la taxe sur les salaires.
- Un employeur assujetti à la TVA sur moins de 90 % de son chiffre d’affaires est redevable de la taxe sur les salaires sur une base réduite, déterminée par un rapport d’assujettissement.
Le chiffre d’affaires pris en compte inclut le total des recettes et autres produits, même ceux non soumis à la TVA.
Employeurs exonérés
Certains employeurs bénéficient d’une exonération de la taxe sur les salaires :
- Franchise en base de TVA : Les employeurs dont le chiffre d’affaires hors taxes de l’année précédente ne dépasse pas les seuils de la franchise en base de TVA de droit commun sont exonérés. Pour 2025, cela concerne un chiffre d’affaires 2024 de 85 000 € pour les ventes (93 500 € sous conditions) ou 37 500 € pour les services (41 250 € sous conditions). Il est à noter que le chiffre d’affaires à retenir inclut les activités hors champ d’application de la TVA (comme certains dividendes ou subventions), ce qui peut empêcher de bénéficier de l’exonération même en étant en franchise de TVA.
- Avocats, auteurs et artistes : Ils bénéficient d’une franchise spécifique avec des seuils adaptés pour 2025 : 50 000 € pour les activités réglementées (55 000 € sous conditions) et 35 000 € pour les autres opérations (38 500 € sous conditions).
- Garde d’enfants et services à la personne : Les particuliers employant un seul salarié à domicile ou une seule assistante maternelle agréée sont exonérés. L’exonération s’étend aux personnes âgées ou handicapées nécessitant l’assistance d’un tiers pour les actes de la vie quotidienne, même avec plusieurs salariés (si l’équivalent temps plein est respecté).
- Employeurs agricoles : Les employeurs agricoles relevant du régime agricole sont généralement exonérés, sauf les organismes coopératifs, mutualistes et professionnels agricoles non assujettis à la TVA, ou les agriculteurs qui commercialisent ou transforment leurs produits avec des moyens industriels ou commerciaux.
- État et collectivités publiques : L’État est exonéré pour les rémunérations versées par le budget général, si cela n’entraîne pas de distorsion de concurrence. Les collectivités locales, leurs groupements (syndicats de communes, communautés de communes, etc.) et certains de leurs services publics à caractère administratif sont également exonérés. Les régies personnalisées gérant des services publics à caractère industriel ou commercial peuvent être soumises à la taxe si elles perçoivent des recettes hors champ TVA.
- Établissements d’enseignement : La plupart des établissements d’enseignement supérieur (universités, grandes écoles) et les centres techniques industriels sont exonérés. L’exonération s’applique à toutes les rémunérations versées aux employés de ces établissements, y compris si l’établissement a d’autres activités.
Assiette de la taxe sur les salaires
Alignement sur la CSG applicable aux revenus d’activité
L’assiette de la taxe sur les salaires correspond à celle de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus d’activité. Elle inclut les salaires, primes, indemnités et avantages en nature ou en espèces liés au travail. Sont également intégrés les avantages accessoires assujettis à la CSG, tels que l’intéressement, la participation, les abondements aux plans d’épargne salariale ou les contributions patronales de prévoyance complémentaire ou de retraite supplémentaire.
Particularités de calcul et exonérations liées à l’alignement sur l’assiette de la CSG
Le calcul de la taxe sur les salaires ne tient pas compte de l’abattement d’assiette de 1,75 % appliqué pour la CSG. Sont exclus de l’assiette les avantages liés aux stock-options et attributions d’actions gratuites, ainsi que les éléments de rémunération expressément exonérés de CSG.
Sont par exemple exonérées de taxe sur les salaires : les indemnités journalières de sécurité sociale, les indemnités d’activité partielle, les salaires des apprentis (totalement ou partiellement selon la date de conclusion du contrat), les gratifications de stagiaires dans la limite de la franchise de cotisations, la fraction exonérée de CSG des indemnités de rupture de contrat de travail et des primes de partage de la valeur (PPV) sous certaines conditions. Certaines tolérances doctrinales en matière sociale s’appliquent aussi à la taxe sur les salaires (réductions tarifaires pour salariés, bons d’achat ou cadeaux sous seuils).
Rémunération des dirigeants
Les rémunérations des dirigeants de sociétés (gérants minoritaires de SARL, présidents du conseil d’administration, directeurs généraux de SA, présidents et dirigeants de SAS) sont incluses dans l’assiette de la taxe sur les salaires, car ils sont affiliés au régime général de la sécurité sociale des salariés.
Les fonctions de direction, de par leur caractère transversal, sont généralement considérées comme affectées à l’ensemble des activités de l’entreprise, y compris le secteur financier. La rémunération de ces dirigeants est donc soumise à la taxe selon le rapport général d’assujettissement de l’entreprise. Une preuve contraire peut être apportée, mais elle est complexe à établir.
Exclusions spécifiques à la taxe sur les salaires
Certaines rémunérations sont expressément exclues de l’assiette de la taxe sur les salaires :
- Les salaires versés aux bénéficiaires de contrats aidés (ateliers et chantiers d’insertion, contrats d’accompagnement dans l’emploi).
- Les rémunérations des enseignants des centres de formation d’apprentis (CFA), mais pas du personnel n’ayant pas d’activité d’enseignement.
- Les rémunérations du personnel des cantines d’entreprise, scolaires, ou d’organismes fournissant des repas sur place à leurs pensionnaires (avec des modalités de calcul spécifiques).
- Les primes d’impatriation versées aux salariés et dirigeants bénéficiant du régime fiscal des impatriés.
- D’autres salaires comme ceux liés aux manifestations de bienfaisance, du conjoint de l’exploitant agricole ou de l’associé de société de personnes, les indemnités servies par les caisses de congés payés, les salaires versés par les armateurs de pêche maritime, etc.
Calcul du rapport d’assujettissement à la taxe sur les salaires
Modalités de calcul du rapport d’assujettissement
Pour les employeurs partiellement assujettis à la TVA (moins de 90 % de leur chiffre d’affaires), la taxe sur les salaires est due sur une fraction des rémunérations. Ce rapport d’assujettissement est calculé ainsi :
- Numérateur : Chiffre d’affaires réalisé l’année précédente et non soumis à la TVA (incluant les opérations hors champ d’application de la TVA).
- Dénominateur : Chiffre d’affaires total de l’année précédente (incluant toutes les recettes et produits, y compris ceux soumis à TVA et ceux hors champ).
Ce rapport est appliqué après la ventilation des rémunérations dans les tranches du barème. Il peut être arrondi à l’unité inférieure. Pour les employeurs multi-établissements, le même pourcentage s’applique, sauf en cas de secteurs d’activité distincts pour la TVA.
Rapport d’assujettissement à la taxe sur les salaires compris entre 10 % et 20 %
Une décote s’applique si le rapport d’assujettissement se situe entre 10 % et 20 %. Dans ce cas, un tableau spécifique permet de déterminer le pourcentage réduit de salaires à retenir dans la base taxable.
Chiffre d’affaires de référence
Le rapport d’assujettissement est calculé sur le chiffre d’affaires de l’année précédant celle du versement des rémunérations (ex: CA 2024 pour salaires 2025). Des exceptions existent pour les entreprises nouvellement créées, celles ayant opté pour la TVA en cours d’année, ou celles ayant connu une modification significative de leur activité (fusion, cession).
Sommes à retenir pour le calcul du rapport d’assujettissement
Les dividendes, les subventions non imposables à la TVA (sauf exception), les taxes spéciales finançant l’activité, et les produits des opérations internes à un groupe TVA sont à inclure. Les produits financiers exonérés de TVA ou hors champ (intérêts, placements, dividendes) sont inclus, sauf s’ils ont un caractère accessoire (inférieur à 5 % des recettes totales).
Sommes exclues du rapport d’assujettissement
Ne sont pas incluses les indemnités de dommages, les subventions exceptionnelles ou d’équipement, les livraisons à soi-même de biens immobilisés, les cessions de biens d’investissement, les sommes perçues pour le compte de tiers, etc.
Entreprises ayant constitué des secteurs distincts d’activité
Si une entreprise a des secteurs distincts d’activité pour la TVA, elle doit calculer une quote-part des rémunérations soumises à la taxe par secteur. Les rémunérations des personnels affectés exclusivement à un secteur sont soumises au rapport d’assujettissement de ce secteur. Celles des personnels communs sont soumises au rapport général de l’entreprise.
Une activité hors du champ d’application de la TVA peut être assimilée à un secteur distinct, et les rémunérations du personnel qui lui est exclusivement affecté sont alors intégralement soumises à la taxe.
Notion de secteur d’activité incompatible avec les pouvoirs transversaux des dirigeants
Les dirigeants (gérants, présidents, directeurs généraux) sont considérés comme responsables de tous les secteurs d’activité de la société, y compris le secteur financier, en raison de l’étendue de leurs fonctions. Leurs rémunérations sont soumises à la taxe sur les salaires selon le rapport général d’assujettissement de l’entreprise, et non rattachées à un secteur particulier, même si la société dispose de secteurs distincts. La preuve contraire est possible, mais difficile à établir.
Calcul de la taxe sur les salaires
Application du barème
La taxe sur les salaires est calculée avec des taux progressifs appliqués aux rémunérations brutes individuelles annuelles. Pour 2025 :
- 4,25 % pour une rémunération inférieure ou égale à 9 147 €.
- 8,50 % pour une rémunération comprise entre 9 147 € et 18 259 €.
- 13,60 % pour une rémunération supérieure à 18 259 €.
Ces seuils sont revalorisés chaque année. Des taux spécifiques et sans majoration s’appliquent dans les départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Guyane, Mayotte).
Application du pourcentage d’assujettissement
Le rapport d’assujettissement est appliqué au total de la taxe brute obtenue après ventilation des rémunérations dans les différentes tranches du barème. Il s’applique avant la prise en compte de la franchise, la décote ou l’abattement.
Franchise et décote
Une franchise est accordée si le montant annuel de la taxe n’excède pas 1 200 €. L’employeur est alors dispensé de paiement et de déclarations. Si la taxe est entre 1 200 € et 2 040 €, une décote s’applique, égale aux 3/4 de la différence entre 2 040 € et le montant de la taxe. La décote est généralement appliquée lors de la régularisation annuelle.
Abattement
Certains organismes à but non lucratif (associations loi 1901, syndicats, mutuelles, fondations reconnues d’utilité publique, etc.) bénéficient d’un abattement de 24 041 € sur le montant de la taxe due pour les salaires 2025, après application de la décote. Si la taxe est inférieure à l’abattement, l’organisme est dispensé de versement et de déclaration.
Modalités de paiement de la taxe sur les salaires
Acomptes mensuels ou trimestriels
La taxe est due annuellement mais fait l’objet de versements provisionnels. La périodicité des versements en 2025 dépend du montant de la taxe payée en 2024 :
- Inférieur à 4 000 € : un seul versement annuel avec la déclaration de régularisation 2502.
- Entre 4 000 € et 10 000 € : versements trimestriels dans les 15 premiers jours suivant les 3 premiers trimestres. Le versement du dernier trimestre est inclus dans la régularisation annuelle.
- Supérieur à 10 000 € : versements mensuels dans les 15 premiers jours du mois suivant, pour les 11 premiers mois. Le versement de décembre est inclus dans la régularisation annuelle.
Dispenses de versement provisionnel
Les employeurs sont dispensés de souscrire le formulaire 2501 s’ils estiment que le montant annuel de la taxe n’excédera pas la franchise ou l’abattement, ou s’ils n’ont qu’un versement annuel à effectuer, ou pour les versements du dernier mois/trimestre civil qui sont reportés sur la déclaration annuelle.
Modalités de télépaiement des acomptes provisionnels
Le versement s’effectue par télérèglement, accompagné du relevé de versement provisionnel (formulaire 2501), par télétransmission avant le 15 du mois ou du trimestre suivant. Les entreprises multi-établissements versent un montant unique et global. Il est possible d’imputer une créance fiscale.
Report des données sur la DSN
Les rémunérations soumises à la taxe sur les salaires doivent être déclarées mensuellement pour chaque salarié dans la Déclaration Sociale Nominative (DSN), et annuellement pour chaque établissement.
Période des congés payés
En cas de fermeture pendant la période des congés payés, les entreprises peuvent verser un acompte au moins égal à 80 % du versement précédent, à régulariser lors de l’échéance suivante.
Déclaration annuelle de régularisation
Déclaration de régularisation 2502-SD
La déclaration annuelle 2502-SD permet de régulariser la taxe due au titre de l’année civile, car le montant total peut différer des versements provisionnels (en raison des taux majorés ou d’une modification du rapport d’assujettissement). Si la taxe annuelle n’excède pas la franchise ou l’abattement, l’employeur est dispensé de cette déclaration et de tout versement.
Date de télédéclaration de la taxe : transmission du formulaire 2502-SD
La déclaration 2502-SD doit être télétransmise avec le paiement au plus tard le 15 janvier de l’année suivant celle au titre de laquelle la taxe est due (soit le 15 janvier 2026 pour les rémunérations 2025). Une tolérance administrative reporte souvent cette date au 31 janvier. En cas de cession ou cessation d’activité, le délai est de 60 jours. En cas de décès de l’employeur, c’est 6 mois.
Télépaiement de la taxe sur les salaires
Tous les employeurs assujettis doivent payer la taxe en ligne via “www.impots.gouv.fr”. Cela inclut les entreprises étrangères avec un établissement stable en France et un compte bancaire français. Le télépaiement est réalisé via l’espace professionnel en ligne de l’entreprise.
Sanctions
Défaut ou retard de déclaration
Un retard ou défaut de transmission des formulaires 2501-SD et 2502-SD entraîne l’application d’un intérêt de retard (0,20 % par mois) et d’une majoration de :
- 10 % si la déclaration est déposée sans mise en demeure ou dans les 30 jours après.
- 40 % si elle n’est pas déposée dans les 30 jours suivant une mise en demeure.
- 80 % en cas d’activité occulte.
Une réduction de 50 % de l’intérêt de retard est possible pour le contribuable de bonne foi qui dépose spontanément une déclaration rectificative et paie les droits.
Défaut ou retard de paiement
Le défaut ou retard de paiement entraîne l’intérêt de retard et une majoration de 5 % des sommes dues. Cette majoration ne s’applique pas si la déclaration est souscrite tardivement mais accompagnée du paiement total des droits (seules les sanctions pour retard de déclaration s’appliquent alors).
Non-recours à la télédéclaration ou au télérèglement
Le non-respect de l’obligation de télédéclarer et/ou de télépayer la taxe sur les salaires est sanctionné par une majoration de 0,2 % du montant des sommes concernées, avec un minimum de 60 € pour chaque infraction.
Contrôle, contentieux
Le contrôle de la taxe sur les salaires suit les règles de droit commun. Les recours contentieux sont traités comme en matière d’impôts directs. Le délai de réclamation commence à courir à partir de la date de dépôt de la déclaration annuelle 2502-SD, et non à partir des versements périodiques. L’administration dispose d’un délai de 4 ans pour ses actions de recouvrement.
Effectif annuel moyen : comment le déterminer et pourquoi ?
Le calcul de l’effectif salarié d’une entreprise est une démarche essentielle, car il conditionne l’accès à de nombreux dispositifs ou l’application de diverses obligations, tant en matière sociale que fiscale. Comprendre les règles de décompte de cet effectif annuel moyen est primordial pour anticiper les éventuelles conséquences liées au franchissement de certains seuils à compter du 1er janvier 2026.
Des règles unifiées depuis 2020 pour l’effectif “sécurité sociale”
Les modalités de calcul des seuils d’effectif sont standardisées et s’appuient principalement sur les règles définies par l’article L. 130-1 du code de la sécurité sociale. Ce cadre unique vise à simplifier la gestion pour les entreprises.
Quand ces règles sont-elles entrées en vigueur ?
Ces règles sont applicables depuis le 1er janvier 2020. Elles ont été utilisées pour la première fois pour l’année 2020, sur la base de l’effectif 2019 calculé selon cette nouvelle approche. Des exceptions s’appliquent notamment aux entreprises nouvelles.
Champ d’application des règles d’effectif
De nombreuses obligations ou avantages sociaux sont concernés par ces règles de décompte des effectifs. Voici une synthèse des principaux dispositifs liés à l’effectif “sécurité sociale”
- Formation professionnelle et apprentissage :
- Contribution à la formation professionnelle : taux variant selon que l’entreprise compte moins de 11 salariés ou 11 salariés et plus.
- Taxe d’apprentissage et contribution supplémentaire : rémunérations dues aux apprentis par les employeurs de moins de 11 salariés exonérées de la taxe ; employeurs de 250 salariés et plus n’ayant pas un quota suffisant d’alternants à l’effectif.
- Participation construction : au moins 50 salariés.
- Participation, intéressement et plans d’épargne salariale :
- Mise en place de la participation aux résultats : au moins 50 salariés.
- Possibilité d’appliquer directement un dispositif d’intéressement de branche : moins de 50 salariés.
- Droit pour les dirigeants de bénéficier de la participation, de l’intéressement et des plans d’épargne salariale : au moins 1 et moins de 250 salariés.
- Exemption de forfait social sur l’épargne salariale : sur la participation (entreprises non assujetties à la participation à titre obligatoire, donc moins de 50 salariés) et sur l’intéressement (entreprises de moins de 250 salariés).
Comment calculer l’effectif annuel moyen ?
L’effectif salarié est un effectif annuel moyen, calculé sur l’année civile précédente. C’est le 1er janvier de l’année N que l’on détermine les obligations de l’entreprise en se basant sur la moyenne de l’effectif de l’année N-1. Ainsi, pour connaître les obligations au 1er janvier 2026, il faut se référer à l’effectif moyen de 2025.
La méthode de décompte générale
L’effectif salarié est calculé au niveau de l’entreprise, en tenant compte de tous les établissements. Il s’agit d’une moyenne des effectifs mesurés chaque mois de l’année civile précédente. Pour ce calcul, les mois sans aucun salarié ne sont pas pris en compte. L’effectif est arrondi au centième, sans tenir compte de la fraction d’effectif au-delà de la deuxième décimale. Les salariés à temps plein sont comptés pour une unité. Les salariés à temps partiel sont pris en compte au prorata de leur temps de travail contractuel par rapport à la durée légale ou conventionnelle.
Qui est pris en compte et qui est exclu ?
L’employeur doit comptabiliser toutes les personnes liées par un contrat de travail, y compris, si nécessaire, les agents et salariés du secteur public soumis au régime d’assurance chômage.
Salariés pris en compte :
- Salariés titulaires d’un contrat de travail.
- Agents et salariés du secteur public relevant du régime d’assurance chômage.
Salariés exclus :
- Apprentis (sauf pour la tarification AT/MP).
- Bénéficiaires de contrats aidés, bénéficiaires de contrats de professionnalisation (sauf pour la tarification AT/MP).
- Salariés recrutés en CDD pour remplacer un salarié absent ou dont le contrat est suspendu (le salarié absent ou remplacé est, lui, décompté).
- Salariés mis à disposition par une entreprise extérieure, y compris les intérimaires (ils sont comptabilisés par leur entreprise employeur).
- Stagiaires qui ne sont pas titulaires d’un contrat de travail.
- Volontaires en service civique.
- Dirigeants non titulaires d’un contrat de travail.
Cas particuliers : entreprises nouvelles et modifications juridiques
Pour les entreprises nouvellement créées qui embauchent leur premier salarié, l’effectif à prendre en compte pour l’année de création du premier emploi correspond à l’effectif présent le dernier jour du mois de cette première embauche. Si cet effectif dépasse un seuil, les obligations s’appliquent dès l’année de la première embauche, sans attendre le délai de gel de 5 ans.
Pour les années suivantes, l’effectif est calculé selon la méthode annuelle moyenne classique. En cas de modification de la situation juridique de l’employeur (par exemple, un transfert de contrats de travail), l’effectif à prendre en compte pour l’année du transfert est celui présent le dernier jour du mois où le transfert a eu lieu. Les années suivantes, le calcul redevient annuel moyen.
Les conséquences du franchissement de seuil et le mécanisme de gel
Le franchissement d’un seuil d’effectif peut entraîner de nouvelles obligations ou la perte d’avantages. Pour atténuer ces effets, la loi a instauré un mécanisme de gel.
Le principe du gel sur cinq ans
La loi PACTE a mis en place un mécanisme de limitation des effets de seuil. Le franchissement à la hausse d’un seuil ne produit d’effet que si ce seuil est atteint ou dépassé durant cinq années civiles consécutives.
Ce dispositif permet aux entreprises de s’adapter progressivement aux nouvelles obligations. Il s’est appliqué dans le cas général pour la première fois à partir de l’année 2020, pour les franchissements de seuils constatés avec l’effectif 2019. Ce gel ne s’applique pas aux entreprises nouvelles ou à celles qui embauchent leur premier salarié.
De plus, certains dispositifs sociaux prévoyant des financements ou des régimes dérogatoires font perdre immédiatement leur bénéfice en cas de franchissement de seuil, sans application du gel sur cinq ans.
Effets du seuil à la hausse après une période de gel
Une entreprise qui franchit un seuil au 1er janvier 2026, sur la base de son effectif 2025, ne sera assujettie à l’obligation correspondante que si ce franchissement est maintenu durant les cinq années civiles consécutives (soit de 2026 à 2030 inclus). L’obligation prendra effet au 1er janvier 2031, à condition que l’entreprise ne soit pas redescendue sous le seuil concerné pendant cette période.
Que se passe-t-il en cas de baisse d’effectif ?
Si l’entreprise repasse sous un seuil d’effectif au titre d’une année civile, les compteurs du mécanisme de gel sont remis à zéro. Si elle franchit à nouveau ce seuil par la suite, elle bénéficiera d’un nouveau délai de cinq ans.
Par exemple, si une entreprise est passée sous les 11 salariés en 2025 (sur la base de l’effectif 2024), elle ne sera plus redevable des obligations liées à ce seuil. Si elle dépasse de nouveau les 11 salariés plus tard, elle bénéficiera d’un nouveau moratoire de cinq ans avant que l’obligation ne s’applique.
Exceptions au mécanisme de gel
Le mécanisme de limitation des effets de seuil ne s’est pas appliqué aux entreprises qui, au 1er janvier 2020, avaient déjà un effectif égal ou supérieur à un seuil et étaient déjà soumises aux obligations correspondantes pour 2019. Des exclusions transitoires ont également été définies par décret.
Enfin, les employeurs qui bénéficiaient d’un ancien mécanisme de gel ou de lissage des effets de seuil avant le 31 décembre 2019 ont continué à l’appliquer jusqu’à son terme, sans pouvoir prétendre au nouveau dispositif de gel sur cinq ans.
A quel moment accorder le repos hebdomadaire à mes salariés ?
La Cour de cassation a apporté une clarification sur l’organisation du repos hebdomadaire. Dans un arrêt du 13 novembre 2025 (n°24-10.733), elle précise qu’il n’est pas nécessaire d’accorder ce repos obligatoirement le jour suivant une période de six jours de travail consécutifs. Ce qui importe, c’est que chaque semaine civile comporte une période de repos.
Le principe du repos hebdomadaire clarifié
Une incertitude juridique persistait concernant la fréquence du repos hebdomadaire, surtout en cas de dérogation au repos dominical. La question était de savoir si l’interdiction de faire travailler un salarié « plus de six jours par semaine » signifiait l’interdiction de travailler plus de six jours consécutifs, ou si elle se rapportait à la semaine civile.
Fin de l’incertitude juridique
La Cour de cassation, dans sa décision du 13 novembre 2025, met un terme à cette interrogation : il n’est pas interdit de faire travailler un salarié plus de six jours consécutifs. La règle est simple : chaque salarié doit bénéficier d’un repos hebdomadaire au cours de chaque semaine civile, soit du lundi 0 heure au dimanche 24 heures. Ce repos doit être d’une durée minimale de 35 heures consécutives (24 heures de repos hebdomadaire auxquelles s’ajoutent les 11 heures de repos quotidien).
Concrètement, un salarié peut travailler douze jours consécutifs, par exemple du mardi d’une première semaine au samedi de la deuxième, à condition qu’il ait bénéficié de son repos le lundi de la première semaine et le dimanche de la deuxième.
Cette position a été adoptée à la suite d’une affaire où un directeur des ventes reprochait à son employeur d’avoir travaillé onze puis douze jours consécutifs sans repos après chaque période de six jours de travail, demandant la requalification de sa prise d’acte en licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Une position constante, désormais confirmée
Cette interprétation n’est pas nouvelle. Le Ministère du travail avait déjà, par le passé, pris position en faveur de la semaine civile. Des circulaires et réponses ministérielles précisaient que la « semaine » s’entendait de la semaine civile (lundi 0h à dimanche 24h) et qu’il était interdit d’occuper un salarié « plus de six jours par semaine », mais pas « plus de six jours de suite ».
La Cour de cassation confirme cette position administrative en relevant que l’article L. 3132-1 du Code du travail n’exige pas que le repos hebdomadaire soit accordé au plus tard le jour qui suit une période de six jours consécutifs.
Les fondements de la décision
La solution de la Cour de cassation repose sur l’analyse des textes du droit national et des principes du droit européen.
Le code du travail et la notion de semaine civile
Les articles L. 3132-1 et L. 3132-2 du Code du travail encadrent le repos hebdomadaire, imposant une durée minimale de 24 heures consécutives (augmentées de 11 heures de repos quotidien) et interdisant le travail au-delà de six jours par semaine.
Cependant, le Code ne précise pas le moment précis où ce repos doit être positionné durant la semaine. C’est cette absence de précision qui a conduit la Cour de cassation à interpréter qu’il n’y a pas d’interdiction de dépasser six jours de travail consécutifs, tant que le repos est bien octroyé au sein de la semaine civile.
Une conformité avec le droit européen
La Cour de cassation a également souligné la conformité de son interprétation avec la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). L’article 5, alinéa 1er, de la directive n°2003/88/CE du 23 novembre 2003, relative au temps de travail, prévoit que tout travailleur doit bénéficier d’une période minimale de repos au cours de chaque période de sept jours.
La CJUE elle-même (arrêt du 9 novembre 2017, aff. C-306/16, Maio Marques da Rosa) avait déjà jugé qu’il n’est pas exigé que le repos soit accordé au plus tard le jour suivant une période de six jours de travail consécutifs, mais qu’il doit intervenir à l’intérieur de la période de sept jours. La CJUE n’a pas non plus précisé le moment exact d’attribution de ce repos.
Cette décision apporte une clarification utile aux employeurs, en alignant l’interprétation du repos hebdomadaire sur les directives européennes et les positions administratives antérieures, offrant ainsi plus de souplesse dans l’organisation du travail.






