
Jusqu’à présent, le 1er mai restait le seul jour obligatoirement chômé pour la quasi-totalité des salariés français, à l’exception des services publics indispensables comme les hôpitaux ou les transports.
On évoquait une loi floue en 2025. En 2026, cette règle historique s’assouplit. Une réforme du Code du travail autorise désormais les boulangeries et les fleuristes à ouvrir leurs portes durant cette journée de Fête du Travail.
Une dérogation ciblée pour les commerces de proximité
Le cadre légal de la réforme
La proposition de loi, validée après des débats au Parlement, modifie l’article L3133-6 du Code du travail. Ce texte permet aux préfectures d’accorder des dérogations permanentes pour deux secteurs spécifiques : la boulangerie-pâtisserie et le commerce de fleurs.
L’objectif affiché par le gouvernement est d’encadrer une pratique qui existait déjà de manière informelle ou via des arrêtés temporaires, tout en sécurisant juridiquement les exploitants.
Une réponse aux habitudes de consommation
Le choix de ces deux professions ne doit rien au hasard. Le 1er mai représente la journée la plus dense de l’année pour les fleuristes en raison de la vente traditionnelle du muguet. Pour les boulangers, l’ouverture répond à une demande constante des consommateurs (français et touristes) pour l’achat de pain frais, y compris les jours fériés.
En légalisant cette ouverture, l’exécutif souhaite éviter les distorsions de concurrence entre les artisans et la grande distribution qui bénéficiait parfois de tolérances.
Les garanties pour les salariés
Le principe du volontariat
Travailler le 1er mai 2026 ne peut pas être imposé par l’employeur. La loi réaffirme que le salarié doit donner son accord écrit pour venir travailler ce jour-là. Un refus de la part de l’employé ne peut constituer une faute ni justifier un licenciement. Cette protection vise à maintenir l’équilibre entre la continuité de l’activité commerciale et le droit au repos des travailleurs.
Une rémunération doublée
Sur le plan financier, la règle reste stricte et avantageuse pour ceux qui choisissent de travailler. Chaque heure effectuée le 1er mai est rémunérée à 200 %. En plus de son salaire habituel, l’employé perçoit une indemnité égale au montant de ce salaire.
Les entreprises concernées doivent également vérifier les conventions collectives de branche, qui peuvent prévoir des compensations supplémentaires, comme des jours de récupération.
Les modalités pratiques pour les entreprises
Affichage et déclaration préalable
Les commerçants qui décident d’ouvrir le 1er mai 2026 doivent respecter des formalités administratives. Ils ont l’obligation d’informer l’inspection du travail et d’afficher les horaires d’ouverture sur leur devanture au moins quinze jours à l’avance. Cette transparence permet de réguler les contrôles et de s’assurer que les droits des salariés, notamment en matière de temps de repos hebdomadaire, sont respectés.
La vente du muguet sur la voie publique
La réforme ne modifie pas les règles concernant la vente de muguet par les particuliers ou les associations. Cette tradition reste tolérée sur la voie publique, à condition de respecter une distance minimale avec les boutiques de fleuristes professionnels.
Les mairies conservent le pouvoir de prendre des arrêtés municipaux pour préciser les périmètres de vente autorisés et éviter l’encombrement des trottoirs.

